Campagne Busard cendré 2023

Publié le 24/01/2024 Vu 349 fois

Résultats des prospections et sauvetages en 2023


Le bilan de la saison de printemps et d'été pour la nidification des busards cendrés, St-Martin et des roseaux est désormais publié ! Merci à Éric Guéret qui a rédigé ce compte-rendu, Eva Cheramy, Cédric baudoin et tous les bénévoles et salariés qui ont participé à cette nouvelle campagne ! :

L’année 2023 a été marquée par le suivi et la protection des nids de Busards Saint-Martin beaucoup plus importante que les années précédentes notamment suite à des demandes de suivis de mesures compensatoires de parcs éoliens.

Le premier busard cendré a été signalé le 11 avril à Dangeau. Cet individu était certainement en migration car il n’a pas été retrouvé par la suite.

Le printemps, avec une pluviométrie dans la normale semblait augurer une bonne reproduction, mais un épisode pluvieux en mai (au moment de l’installation des nids) et des orages en juin (à la période des naissances) entraînèrent l’échec d’au moins 2 nids de busards cendrés et de 7 nids de busards Saint-Martin.

La moisson des CIVEs (Culture Intermédiaire à Vocation Energétique, cultures spécifiques pour alimenter les méthaniseurs) a eu lieu entre le 22 et 28 mai, ce qui a entraîné la disparition d’un couple de busard cendré du coté de Francourville en cours d’installation…

La récolte de l’orge a eu lieu à partir du 25 juin, et celle du blé le 06 juillet avec une semaine voir 10 jours d’avance, ce qui devient également problématique pour les busards Saint-Martin, beaucoup de nichées n’étant pas volantes à cette date.

La répartition des couples de busards cendrés a été complètement différente de l’année 2022. Le secteur Châteaudun/Bonneval a été quasi déserté (un seul couple sur les 5 de l’année dernière) et aucune nidification n’a été constatée sur les 3 couples de l’année dernière sur le secteur Viabon/Germignonville. A contrario, le secteur Boisville-la-Saint-Père/Ouarville a été très productif et le couple de Châtillon-en-Dunois a enfin été localisé après des années de recherches.

Au total, 10 couples de busards cendrés ont été suivis avec 4 échecs constatés (2 à cause de la météo, 1 prédation et 1 moissonné, l’observateur n’ayant malheureusement pas signalé sa découverte au groupe busard) et 6 réussites de nidification donnant 24 jeunes à l’envol, soit une moyenne de 4 jeunes par couples ayant réussi sa nidification. À noter que 5 de ces couples étaient dans la ZPS (4 réussites et un échec), dont un échappa de peu à un feu de champ !

Concernant le busard Saint-Martin, 27 couples ont été suivis, dont 7 échecs, 5 envols naturels et 1 non connu mais nicheur certain (femelle avec balise GPS), ce qui a donné entre 59 et 61 jeunes à l’envol (2 ont été emmenés en centre de soin et 2 couples ont été protégés dans la ZPS) soit une moyenne pour 19 couples ayant réussi leur nidification entre 3,1 et 3,2 jeunes. Ces chiffres sont une moyenne mais il y a une différence du taux de reproduction assez marquée entre les Busards Saint-Martin du côté de Laons et ceux de Beauce.

Pour le busard des roseaux, un couple et 4 juvéniles ont été découverts en pleine moisson par Sabine et Maxence, malheureusement 1 juvénile était déjà mort, deux était volant et le quatrième fut mis en protection dans un carré de blé laissé debout par l’agriculteur, non sans difficulté...

Quelques anecdotes :

  • Un mâle de Busard-Saint-Martin, bagué, issu d’un programme de suivi anglais, a certainement niché dans le secteur de Laons. Cette observation a été réalisée par Damien Callens (cf photo ci-dessous). C’est une première en France de retrouver un Busard-Saint-Martin né en Angleterre, nicheur sur le territoire.
  • Une femelle de busard Saint-Martin avec une balise GPS issue d’un programme de suivi français a niché du coté de Bouglainval. Malgré une demande auprès des observateurs locaux, ce couple n’a pu être suivi et le résultat de la nidification n’est pas connu.
  • Un nid de Busard-Saint-Martin a été sauvé par Pierre.B dans la région drouaise suite à un appel d’une agricultrice à l’association, 4 juvéniles ont été à l’envol. Merci également à cette agricultrice qui a pris le temps de sauver ces jeunes busards.

Enfin, malgré une très nette baisse de motivation de certains, un grand merci à Sabine, Josépha, Sandrine, Cédric, Maxence, Aymeric, Enzo, Gilles, Alexandre et Bruno, sans qui tout cela n’aurait pas été possible (au final, 14 grillages posés pour le busard Saint-Martin et 6 pour le busard cendré, du jamais fait !).

Je dédie ce résumé à mon ami et collègue, Maxence, qui est parti bien trop tôt et que nous regretterons à jamais.

Auteur : Pascal DHUICQ